[Syracuse] Obstinément dans l'épaisseur d'un trait...

Auteur: <mluque5130_chez_aol.com>
Date: dim aoû 26 2007 - 14:40:16 CEST

Obstinément, je poursuis mon chemin dans l'épaisseur d'un trait. Avec moins d'emphase, quelques retouches mineures et d'autres exemples dans :

http://melusine.eu.org/syracuse/mluque/pst-thick/

Je vous propose un autre extrait du livre de Daniel Kehlmann sur Gauss et Humbold, car il y a longtemps qu'une biographie sur un savant ne m'avait "emballé" ainsi (depuis le Képler de John Banville) :

« A propos, il avait entendu dire que monsieur le professeur se consacrait au calcul de probabilités ?

Aux statistiques sur la mortalité, dit Gauss. Il but une gorgée de thé, fit une moue écœurée et repoussa la tasse aussi loin que possible. On croyait toujours, dit-il, être maître de sa destinée. On créait et on découvrait des choses, on achetait des biens, on trouvait des gens qu’on aimait plus que sa propre vie, on engendrait des enfants, peut-être intelligents, peut-être idiots, on voyait mourir la personne qu’on aimait, on tombait malade et on finissait sous terre. On pensait avoir tout décidé soi-même. Seules les mathématiques nous montraient que nous avions toujours suivi le mouvement. Le despotisme, quand j’entends ça ! Les princes, eux aussi, n’étaient que de pauvres bougres qui buvaient, souffraient et mouraient  comme les autres. Les vrais tyrans étaient les lois de la nature.
Mais c’était l’entendement, répliqua Humbold, qui élaborait ces lois !
Les vieilles sornettes kantiennes. Gauss fit non de la tête. L’entendement n’élaborait rien du tout et n’entendait pas grand-chose. L’espace se courbait et le temps se dilatait. Si on traçait une droite et qu’on la prolongeait, on rejoignait tôt ou tard son point de départ. Gauss montra du doigt le soleil qui apparaissant au bas de la fenêtre. Pas même les rayons de cette étoile qui était en train de s’éteindre ne tombaient en ligne droite. On arrivait tant bien que mal à appréhender l’univers par le calcul, mais cela ne signifiait pas qu’on y comprenait quoi que ce soit. »

Les arpenteurs du monde – pages 217-218

Des propos identiques tenus par Newton lorsqu’il affirme qu'
« […] il n’a pas été capable de découvrir la cause ses propriétés de gravité à partir des phénomènes et [il] ne propose aucune hypothèse : Hypothesis non fingo. Il nous suffit que la gravité existe réellement et agisse selon les lois que nous avons exposées et rende compte de tous les mouvements des corps célestes et de la mer. »
Cité par Jacques Blamont dans « Le chiffre et le Songe » page 830.

Et pour terminer, encore une superbe citation de Newton :

« Il me semble n'avoir été qu'un petit garçon qui jouait sur la plage et se divertissait de temps à autre en découvrant un galet mieux poli ou un coquillage plus beau que d'ordinaire, alors que le grand océan de la vérité s'étendait devant moi, dans la totalité de son mystère. »

Cité par John Banville dans "la lettre de Newton" en introduction.

    

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Bonne fin de vacances,

Manuel

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